Fotomat

Le cabinet des curiosités

Lui, ramener 300 personnes, il l’a déjà fait, mais ça ne l’intéresse pas plus que cela ! Et il assume. Derrière le bar du Fotomat, Julien, tenancier également réalisateur passé par des études de philo, détonne : ramener du monde, il s’en moque. Pour lui, le Fotomat doit avant tout être une salle de concert, certes, c’est là son ADN, mais aussi un lieu un peu OVNI, où l’on teste des choses, des trucs un peu bizarres, en tout cas qu’on ne voit pas ailleurs. Innover. Dénicher. Editer des compilations de jazz ou laisser carte blanche aux étudiants de l'ESCAM (Ecole Supérieure d'Arts de Clermont Métropole), dont les locaux sont situés tout à côté. Accolé aux locaux d’un imprimeur, le lieu, composé d’une vaste salle d’exposition donnant sur une salle de concert aux murs blancs immaculés, accueille également du théâtre, de la danse...

Au gré des envies et des coups de cœur du patron, sans impératif de remplissage, et sans agenda. Jetez donc un œil à la programmation – confiée parfois à des oiseaux bien connus de la vie rock et nocturne clermontoise, comme Alexandre, le leader de Niandra Lades –, retirez un peu de liquide et ne vous laissez pas rebuter par l’apparence extérieure – un parking, pratique pour se garer, bien moins si vous rêvez d’une terrasse fleurie. De faux airs de squat, mais ce que vous découvrirez à l’intérieur est un petit paradis pop : la bière y est fraîche, locale, très abordable, et le spectacle y est aussi beau que pointu. À découvrir, et à soutenir, tant l’initiative est belle.

Nico Prat